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mardi 2 septembre 2014

ART "BACTÉRIOGRAPHIQUE"


La “Bacteriographie“ est une technique imaginée par le photographe et microbiologiste américain Zachary Copfer, qui lui permet de réaliser des portraits de célébrités à l’aide de bactéries ! Des images très détaillées réalisées en plaçant habilement des points de solution nutritive dans une boite de pétri, ce qui permet aux bactéries de ne se développer qu’aux endroits désirés...










mardi 5 août 2014

LES PIONNIERS DE LA BANDE DESSINÉE...

"Polly & her Pals" par Cliff Sterett

On voudrait voir le plus vieil ancêtre de la bande-dessinée rattaché aux peintures rupestres ou aux bas reliefs et hiéroglyphes des temples égyptiens, aux codex précolombiens ou encore aux "Biblia Pauperum" de la fin du Moyen Âge, mais au détriment d’y voir parfois quelques apparentés, la bande-dessinée, à proprement dit, est apparue bien plus tard.

"Biblia Pauperum"

À cette liste d’ancêtres potentiels il faudrait encore ajouter la Tapisserie de Bayeux, le Rouleau de Josée de la bibliothèque vaticane, les frises du Parthénon à Athènes, la colonne Trajane à Rome, les bas reliefs du temple d'Angkor au Cambodge, sinon les 182 collages de Max Ernst "Une Semaine de Bonté"… et quoi encore ?!

frises du Parthénon à Athènes

Cette vision d'un grand courant artistique qui prétendument parcourerait l’histoire de l’art pour donner ses lettres de noblesse à la bande dessinée est de moins en moins retenue depuis la mise en avant de la "bande dessinée", en tant que "neuvième art"!

"La bande dessinée est un art à la croisée de l’écriture littéraire et de l’écriture graphique"

C’est la vision de l’inventeur de la bande dessinée Rodolphe Töpffer : « Ce petit livre est d’une nature mixte. Il se compose de dessins autographiés au trait. Chacun des dessins est accompagné d'une ou deux lignes de texte. Les dessins, sans le texte, n’auraient qu’une signification obscure ; le texte, sans les dessins, ne signifierait rien. Le tout ensemble forme une sorte de roman d’autant plus original qu’il ne ressemble pas mieux à un roman qu’à autre chose. »

Ce que R. Töpffer appellera "Littérature en estampes" dans son « Essai de Physiognomonie » et que Will Eisner dénommait : "Sequential Art", ou "Visual Narrative", donc en somme la BD c’est de la "Narration visuelle".
page réalisée par Rodolphe Töpffer

Comme l’expliquera plus tard Walter Boralis, grand spécialiste de l’histoire du livre et de l’édition des imagiers : « ces références artistiques ont toutes en commun la volonté de raconter une histoire. La bande dessinée se sert du dessin, de l’illustration, de tout ce qui est du domaine des arts graphiques pour parvenir à raconter une histoire ; c'est-à-dire un peu comme le fera le cinéma, raconter une histoire à l’aide d’images, de textes, de dialogue et d’effets spéciaux… »

Si la bande dessinée n'est que graphique regroupant texte et dessin, le texte doit s’inscrire obligatoirement sous une forme graphique dans le dessin au sein d’une bulle : selon H. Filippini, « la bande dessinée est une suite de dessins contant une histoire ; les personnages s’y expriment par des textes inscrits dans des bulles. »

Cette définition rejette les auteurs de bandes dessinées appelées alors "histoires en images" comme les Français J-P. Pinchon (Bécassine), Louis Forton (Les Pieds nickelés et Bibi Fricotin), le Néerlandais Marten Toonder (Tom Poes/Tom Pouce), les Américains Rudolph Dirks (Katzenjammer Kids/Pim Pam Poum) et Gustave Verbeek (Upside-downs/Sans dessus-dessous). Cette définition rejette aussi, peut être moins catégoriquement, les bandes dessinées sans texte comme celles de l'Américain Otto Soglow (Little King/Le Petit Roi) qui en 1975 ne comportaient toujours pas de texte.

Les spécialistes de la bande dessinée défendent avec de moins en moins de vigueur cette deuxième vision restrictive de la bande dessinée, même H. Filippini intègre tous les auteurs cités ci-dessus dans son Dictionnaire de la bande dessinée (cf. bibliographie). La définition donnée par W. Boralis semble la plus exacte puisque comme pour le cinéma, qui inclue le muet, le parlant, le noir et blanc ou le couleur, etc… La bande-dessinée englobe tous les genres de BDs.

Depuis les premiers balbutiements de la BD, il y a eu autant de mépris que d’admiration pour cette nouvelle forme d’art ; cette sous catégorie de l’art, dessins grotesques, art de second ordre, la « BD » est maintenant considérée comme un genre à part entière au sein de l’univers de l'art contemporain.

La popularité de la BD commence avec des albums illustrés en Europe (en France, Suisse, Allemagne et Italie) et en Amérique avec les « comic strips ». La BD abordera tous les genres : humour, SF, horreur, sentimental, etc… Et enfin, de plus en plus d’artistes s’intéresseront à la BD et vice et versa… Et les bédéistes réaliseront de plus en plus d’œuvres soignées sur le plan uniquement esthétique. De fait, de plus en plus de bédéistes ne se préoccuperont plus vraiment de raconter à tout prix « une histoire » mais réaliseront des œuvres résultantes d’une démarche artistique.

Conséquemment, la BD devient un art, et à mesure que nous en avons fait un art respecté et reconnu, aussitôt les intéressés se sont retourné vers les sources, sont remonté aux racines et on revisité l’œuvres des pionniers.

À ses premières heures la BD a connue de véritables maitres, des innovateurs sur le plan du dessin, de l’illustration, de la mise en page, du scénario, de la mise en scène, de l’art du punch… Des idées qui ont inspiré, à leur époque, autant de comédiens, d’humoristes, de scénaristes… On remarque alors aussi, la considérable influence qu’a pu avoir la BD sur d’autre forme d’art, sur le cinéma, la radio, la télé, le spectacle… On remarque encore que la BD est intimement lié à la pensée, à l’humour, à la morale, et plusieurs autres aspects psycho-social ; car la BD est une amie du public, son complice, l’écho de sa pensée, ou une invitation à réfléchir… Cela peut même être un moyen de glisser des promos ou des idéologies à la douce, en catimini, en visant un public cible.

Il faut sans doute chercher les racines de la BD déviante, et underground du côté des illustrations et BD trouvés dans les magazines de pornographie, qui sont trop peu mentionnés, certainement consommés en secret à leur époque (et souvent des dessins anonymes), mais certainement une source d'inspiration importante pour les bédéistes versé dans la grivoiserie...


En vérité, une véritable initiation à la Bande-dessinée réclame un plongeon dans l’univers des bédéistes des premières heures. Les pionniers de la bande-dessinées se partage un univers débordant d’idées, ils ouvrent les portes sur de multiples nouveaux univers, et ils n’en soupçonnent pas encore toutes les avenues, mais ils sont les premiers grands défricheurs et leur talent, leur inventivité débordante surprend, étonne, fascine, et impose respect.


À LA RENCONTRE DES PIONNIERS DE LA BD...

Rodolphe Töpffer artiste suisse né à Genève en 1799 et mort dans cette même ville en 1846, était pédagogue, écrivain, politicien et auteur de bande dessinée. Töpffe est considéré comme le créateur et le premier théoricien de la bande-dessinée.

Selon W. Boralis, Töpffer s’inspira des dessins satiriques de William Hogarth, de l’art des caricatures de la renaissance italienne et des images d’Épinal. Toujours selon Boralis, Töpffer serait le premier dessinateur qui se préoccupa de raconter des histoires avec ses dessins en se souciant peu de savoir si cela était de l’art. Töpffer, tout comme William Hogarth qu’il admirait, cherchait surtout à faire des critiques satiriques ou illustrer des scènes cocasses...

Tout de même, l'histoire de la bande dessinée s’amorce avec l’œuvre de Töpffer, et il est le grand coupable de la saga de la bande dessinée américaine et de ses fameux "comics". Cette histoire là commence en 1842 avec la traduction d'une œuvre de Töpffer : "The Adventures of Obadiah Oldbuck". (pour  voir l'original, cliquez sur le titre).


Des artistes locaux s'emparent par la suite de ce nouveau média et créent les premières bandes dessinées américaines. La fièvre du « comics » déferlera sur toute l’Amérique, et se fera des adeptes partout...

C'est le développement de la presse quotidienne qui permet à celle-ci de toucher un lectorat important avec les comic strips.

En France, En 1905, les éditions Henri Gautier, devenues Gautier-Languereau, présentent "La Semaine de Suzette", où débuta la bretonne "Bécassine" sous le crayon de Joseph Pinchon, et qui disparaîtra en 1960.

En 1903, les frères frères Charles, Georges, Maurice, Nathan et Villefranche Offenstadt, éditeurs de romans égrillards et de revues militaires, avaient commencé à publier « L'Illustré”, vendu cinq centimes, à l'époque. Le journal prendra le nom de : "Le Petit Illustré", en 1906, et publiera de plus en plus de bande-dessinée. Entraînés par le succès de ce dernier hebdomadaire, les Offenstadt créent plusieurs autres journaux pour la jeunesse, dont le plus connu fut "L'Épatant", sortit dès 1908, journal qui proposait, entre autres, les aventures des "Pieds Nickelés" de Louis Forton, déjà présentes lors du deuxième numéro.


Ces premières années sont celles de la mise en place de codes canoniques de la bande dessinée (personnage récurrent, héros, cadrages, bulles, onomatopées, etc.) et des premiers genres (comics, family strips, récits d'aventures).




Il semble que la première bande dessinée ayant fait usage de "bulles" soit "Little Nemo" de Winsor McCay, qui se serait inspiré des phylactères (moyen graphique semblable à une petite banderole, sur laquelle se déploient les paroles prononcées par le personnage que l’on représente).


Les bulles apparaissent du côté de la BD française avec les aventures de "Sam et Sap" dessinées par Rose Candide, en 1908 et seront presque aussitôt utilisées par Louis Forton pour sa série Les Pieds Nickelés.


Après la 1ère guerre, la bande dessinée et les comics gagnent en popularité. Cette forme d’art populaire rejoint les jeunes comme les vieux. Son public s’élargit, car elle en devient de plus en plus complice et aussi s’adonne à de plus en plus de genres différents. Mais encore... L’univers de la BD propose de s’attacher à des personnages sympathiques, et certains feront pratiquement partit du quotidien. Des personnages des comics acquerront une célébrité nationale et feront l'objet d'adaptation trans-médiatiques (dessins-animés, théatre, cinéma…) tandis que les journaux se livrent un combat féroce pour avoir les auteurs les plus populaires.


La seconde évolution majeure est celle du comic book, en 1934, qui permet la diffusion de bande dessinée (d'abord des rééditions de comic strips) dans des supports dédiés. En 1938, lorsque "Superman" apparaît dans un de ces comic books, commence ce qui est appelé communément l'« âge d'or des comics ». Durant les années de la 2ème guerre, les super-héros et le genre animalier sont les genres les plus populaires.


Suite au déclin des super-héros, de nouveaux genres se développent (western, romance, science-fiction, etc.) et touchent un lectorat toujours plus important. Au début des années 1950, avec l'émergence de la télévision, la vente de comic books commence à décliner. Parallèlement, ils subissent de nombreuses attaques quant à leur prétendue nocivité pour la jeunesse. L'instauration de la "Comics Code Authority" fait disparaître certaines séries policières et d'horreur incriminées. Les comic strips ne sont pas visés par ces attaques, de même que les magazines.

En Amérique c’est la nouvelle vague, avec des nouveaux créateurs comme  Fred Neher, Roy Crane, Edgar P. Jacobs, George Lichty, Chon Day, Basil Wolverton, Alex Raymond ou Rob-Vel...

"Willy-Yum" de Fred Neher

Du côté du dessin animé c’est l’époque glorieuse de Tex Avery. En Europe, ce sera "Tintin" de Hergé. Unique, incomparable, incontournable...


En Amérique, les générations de nouveaux talents se succèderont en renouvelant toujours les idées, en allant toujours plus loin, sur tout les plans, quelque soit les genres. L’humour se fera de plus en plus sulfureuse, la SF se fera plus éloquente, avec des illustrations d’avantage psychédélique ou suggestive, la BD fantastique osera toutes sortes de transgressions, et se surpassera dans tous les domaines de l’horreur, et enfin les héros de la BD prendrons de plus en plus des personnages ayant d’avantage de profondeur, capable de scène dramatique, comiques ou d’action… De fait, plus que jamais auparavant, la BD inspire le cinéma et le cinéma nourrit l’imagination des bédéistes. C’est l’époque des Jerry Siegel, Martin Nodell, Bob Kane, Harry Lampert, Jack Kirby, Will Eisner, Irwin Caplan ! La BD devient une lecture absolument populaire après la 2ème guerre, et dorénavant les éditeurs traiteront les bédéistes au même titre que n’importe lequel auteur.

"Batman" par Bob Kane

En Amérique, le grand tournant d’après guerre s’opère avec des maitres incontournables comme William Elder, Charles Schulz, Harvey Kurtzman, Wally Wood...

Harvey Kurtzman, dans le magasine "Mad"

En Europe, plus précisément en France, la nouvelle vague est amorcé par Morris, Jean Graton, et Franquin. Suivront Uderzo, Peyo et compagnie...

La BD Underground nait avec les mouvements contestataires des années ’50, le mouvement hippie des années ’60, et connait une véritable explosion à partir de mai 68. Aux États-Unis, c’est Georges Herriman et Robert Crumb qui ouvrent le bal... En Europe, l’underground de la BD nait dans le journal Hara-Kiri et l'Hebdo Hara-Kiri.



Aujourd'hui plusieurs nouveaux artistes, illustrateurs, bédéistes graphistes, de tous les horizons, se savent redevables des bédéistes qui les ont précédés, ces pionniers, défricheurs et instigateurs du "9ème art"... L'histoire de la BD suit son court et toujours plus elle sait honorer ses racines et reconnaitre ses maîtres.

LISTES DES PIONNIERS DE LA "BD"
(liste à consulter)









Albert Uderzo, (1927)
Félix the Cat, Otto Messmer

samedi 2 août 2014

PORTRAIT DE ROBERT CRUMB


Robert Crumb est un dessinateur de bande dessinée américain, né à Philadelphie le 30 août 1943. C'est l'une des figures de proue du comix underground depuis les années 1960.

Robert Crumb est très tôt attiré par la bande-dessinée. Avec son frère cadet Maxon et sous l'influence de son aîné Charles, il dessine énormément et très tôt. Avec Charles, il réalise pendant plusieurs années un comics intitulé "Funny Friend" uniquement pour eux. Plus tard, toujours avec son frère Charles, il dessine un fanzine nommé "Foo" qui est vendu au porte-à-porte au prix de 15 cents. Quand le mouvement hippie se développe, il arrive à San Francisco et rencontre de nombreux dessinateurs comme Gilbert Shelton et Spain Rodriguez. Il propose ses premières planche à Harvey Kurtzman qui le publie dans son magazine "Help". Il publie ses premiers dessins dans les » Zap Comix” (comics auto-édité, créé par Robert Crumb en 1968)



Ses héros les plus célèbres sont "Fritz the Cat", un chat paillard, et "Mister Natural", gourou cynique.


 Il dessine également des pochettes de disques, dont la plus célèbre est Cheap Thrills de Big Brother and the Holding Company avec Janis Joplin.


Ralph Bakshi fait une adaptation de Fritz the Cat en dessin animé, un des premiers dessins animés pour adulte. Crumb a toujours considéré le résultat comme un ratage et ne veut pas y être associé, c'est d'ailleurs après la sortie du dessin animé qu'il décide de faire assassiner son héros Fritz par une autruche, avec un pic à glace.


Son style est inspiré par celui du graveur William Hogarth mais aussi par les dessinateurs classiques de la bande dessinée américaine, tels que E. C. Segar, Rudolph Dirks, George Herriman, Walt Disney et Floyd Gottfredson. Ses thématiques, très souvent caricaturées, sont d'une grande richesse.

Il est tout d'abord le Jean-Jacques Rousseau de la bande dessinée, confessant ses inhibitions, ses fantasmes, ses difficultés relationnelles, ses frustrations, ses aigreurs, bref tout ce qu'il peut y avoir de minable dans la condition d'homme. Son manque de complaisance et son honnêteté sont totales et le font rejeter par un certain public qui trouve l'exposition de certaines réalités ou de certaines fantaisies bien trop obscènes.


Apprenant que Robert Crumb était fait Grand prix de la ville d'Angoulême (en 1999), le scénariste-dessinateur Greg (cf : Achille Talon) s'est indigné qu'un has-been qui (pensait-il à tort) ne dessinait plus, ait obtenu une distinction honorifique aussi importante : 

« Crumb, grand chantre de l'underground, était, avec Gilbert Shelton, le grand spécialiste en comic books de la piquouze hilarante, des volutes du shit, du sexe énorme et poilu, des mamelles colossales et du caca tous formats. Cela fit rire en son temps tous ceux qui voyaient là une revanche contre les parents, les flics, les maîtres, l'ordre établi, le bon goût, etc. Ce n'est pas nouveau. Seulement, il y a vingt ans que la vague est retombée. »

— La Lettre de Dargaud, 1999


Crumb nous livre par ailleurs un témoignage historique sur la période dite "psychédélique", sur les expérimentations de LSD, sur la libération sexuelle — qu'il n'a pu vivre lui-même qu'une fois devenu célèbre.

Son œuvre est parcourue par une grande nostalgie : dans le changement, il ne voit que ce qui se perd et tente par le dessin de témoigner de son pays, du blues des années 1930, des changements vestimentaires, etc.

En 1980, il crée la revue Weirdo, qui rassemble des dessinateurs de l'underground et des dessinateurs plus récents. En 1993, il fait paraître "Kafka for beginners" à partir d'une biographie écrite par David Mairowitz. Il ne touche pas un cent pour le dessin animé de "Fritz le Chat" et refuse de dessiner une pochette pour les Rolling Stones, car il n'aime pas leur musique.

Kafka, par Crumb

En 1994, le cinéaste Terry Zwigoff a tourné « Crumb », un film documentaire consacré à la carrière de Robert Crumb, à sa vie et à sa famille.

En 2001, pendant six mois, une des plus belles expositions du Musée de l’érotisme présente "The Sex Obsession of Robert Crumb" : 200 planches et dessins uniquement consacrés à l'un de ses sujets majeurs.


Collectionneur de disques 78 tours, il se passionne particulièrement pour le blues, le jazz, la country et l’Old-time music, ainsi que pour le bal musette parisien des années 1920 et 1930, dont il est l'un des plus fins connaisseurs. Il réalise la pochette de nombreux disques, notamment ceux des « Primitifs du Futur », groupe du guitariste Dominique Cravic, dans lequel il joue occasionnellement du banjo et de la mandoline, et avec qui il enregistrera quatre disques.

En 2009, il réalise le dessin de couverture et l'habillage graphique du coffret de 10 CD France, une anthologie des musiques traditionnelles, produit par Guillaume Veillet et sorti chez Frémeaux & Associés (Grand Prix International du Disque de l’Académie Charles-Cros). Il sort la même année une adaptation de la « Genèse » en bande dessinée chez Denoël Graphic, fruit de plusieurs années de travail.



En 2012, le musée d'art moderne de la ville de Paris lui consacre une rétrospective, « De l'Underground à la Genèse », du 13 avril au 19 août.

Créateur de la bande dessinée underground américaine, Robert Crumb est devenu un artiste culte du XXe siècle grâce à un regard et un humour singuliers. Plus de quarante ans après ses débuts, son art est enfin reconnu à sa juste cause : après la réédition de ses œuvres, le Musée d’Art Moderne de Paris lui a rendu un hommage amplement mérité. Retour sur l’œuvre d’un personnage haut en couleurs.

C’est à Philadelphie que naît le jeune Robert Crumb. Élevé par une mère psychotique (accro aux amphétamines) et par un père autoritaire et violent, le jeune homme trouve avec son frère aîné Charles une échappatoire dans la bande dessinée. Cette initiation à cet art commence naturellement avec les histoires de Walt Disney, Little Lulu puis des œuvres plus satiriques comme le magazine débridé Mad mais aussi Humbug. Alors que son grand frère commence à sombrer dans la folie (son quotidien se résumera toute sa triste vie à la dépression, aux délires paranoïaques et aux séjours en hôpital psychiatrique), Robert fonde son premier fanzine "Foo" qui le met en contact avec d’autres férus de bandes dessinées. Alors que son aîné l’avait initié à la narration et aux dessins, l’élève dépasse le maître. La vie de Robert Crumb prend alors tout son sens : il sera dessinateur de bande dessinée. Dès son adolescence, il trouve son domaine (la satire) et ses obsessions qui guideront sa vie (les femmes et les limites de la morale américaine).


La consécration...

C’est en 1964 que Robert Crumb commence à gagner sa vie en dessinant. Il illustre alors ses premiers reportages pour le magazine Help ! (dont la première planche de Fritz The Cat) et travaille aussi en illustrant des cartes de vœux pour Topps et American Greetings... L’année suivante, il fait sa première exposition, sans succès. Mais c’est à San Francisco, alors en pleine fièvre hippie, que Robert va se faire connaître. Grâce à la presse alternative, ses dessins satiriques trouvent écho chez une génération décomplexée. Cette notoriété lui permet de sillonner les États-Unis.


Sa popularité grandit en créant "Fritz The Cat" qui deviendra littérallement une BD culte. Après plusieurs collaborations dans divers magazines et zines de l'underground, comme "Arcade", "Bijou Funnies", "San Francisco comic", "Yellow Dog", "Bijou" ou "Snarf", et plusieurs autres dont le légendaire "Zap".









Après l’adaptation de "Fritz The Cat" en dessin animé, et le succès de "Zap", Crumb lance la revue "Weirdo" qui soutient la nouvelle vague de BD underground et publie de ses planches dans des BD zines, comme "Hup" ou "Screw".





Apprécié dorénavant à l’underground comme au milieux mainstream, Robert Crumb est devenu une icône du XXe siècle. Son oeuvre est une référence à l'épopée hippie, sinon à la déchéance du XXème siècle. Il est pionnier la BD underground, et maitre de l'irrévérencieux. Robert Crumb 



Crumb et les femmes...

Il suffit d’ouvrir à peu près n’importe quelle bande dessinée de Robert Crumb, quelle que soit l’époque, pour voir les préoccupations principales du Monsieur. Des femmes, des femmes et des femmes. À perte de vue. Mais pas n’importe lesquelles. Des jambes surdimensionnées, des fesses massivement rebondies : une chose est sûre, Crumb n’est pas très porté sur la taille mannequin. Se reconnaissant lui-même comme un peu obsédé, le dessinateur n’a eu de cesse tout au long de sa carrière de voguer entre la sublimation du corps féminin et sa réduction au simple statut d’objet sexuel. Mais quand on se penche un peu sur certaines BD comme Mes problèmes avec les femmes, on se dit que Robert Crumb est peut être la seule personne au monde capable de faire d’un pervers un mec super cool.







Crumb et la musique...


En 1967, Robert Crumb dessine la célèbre pochette du disque Cheap Thrills de Big Brother and the Holding Company, le premier groupe de Janis Joplin. Ironie du sort, Crumb avait un profond dégoût pour le rock psychédélique et il reconnaîtra plus tard qu’il ne cherchait à intégrer ce monde que pour y draguer de jolies hippies portées sur l’amour libre. Dès son plus jeune âge, le dessinateur s’est pris de passion pour le vintage du vintage et plus précisément pour la country, le blues, le early jazz et tout ce qui forme la musique traditionnelle américaine. Possesseur de 6000 disques vinyles, l’Américain est une véritable incarnation du refus de la modernité, comme en témoigne son goût pour la musette française : il a réalisé les pochettes des très justement nommés Primitifs du Futur au sein desquels il joue du banjo et de la mandoline.




Crumb au musée...


Pour tout amateur de BD qui se respecte, c’est peu de dire que c’est un véritable bonheur de voir Robert Crumb investir les murs du Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris du 13 avril au 19 août prochain. Celui que l’on a longtemps considéré à tort comme un freak de base dont les dessins provocants choquaient les bien-pensants va donc avoir sa vengeance, même si en soit, il n’en a sans doute rien à faire. Réunissant plus de 700 dessins réalisés par l’artiste entre 1960 et aujourd’hui, cette exposition sera notamment l’occasion de découvrir une partie de sa période française, parfois moins connue du grand public.



Pour de plus amples infos Robert Crumb et les rééditions de ses albums :

CRUMB/COFFRET

Et ne manquez pas de regarder le documentaire qui suit...