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dimanche 3 août 2014

“KRAZY KAT” en dessins-animés


Les adaptations de "Krazy Kat" en dessins animés : 

Krazy Kat a été animé de nombreuses fois. Les premiers courts-métrages furent produits par Hearst dès 1916, via sa société “Hearst-Vitagraph News Pictorial » puis plus tard par l’. »International Film Service” (IFS), sans qu'Herriman n'intervienne. En 1920, après deux ans de pause, les J.R. Bray Studios se mirent à produire eux aussi une série de courts-métrages Krazy Kat.

En 1925, le pionnier de l'animation Bill Nolan décida de porter de nouveau la série à l'écran, en étant produit par Margaret J. Winkler. Au contraire des adaptations précédentes, celle de Nolan ne se basait pas totalement sur les personnages de George Herriman : le félin de ses courts-métrages était un mâle dont l'aspect et la personnalité rappelaient “Félix le chat ». Cela provient probablement du fait que Nolan travaillait aux studios de Pat Sullivan.

Charles B. Mintz, le mari de Winkler, prit progressivement le contrôle des opérations. Son studio et lui commencèrent leurs courts-métrages sonorisés avec Ratskin en 1929.

En 1930, il déplaça son équipe en Californie et changea le design des personnages, qui ne ressemblaient plus guère à ceux des journaux. Le Krazy Kat parlant de Mintz, comme bien des dessins animés du début des années 1930, ressemblait fortement à Mickey Mouse, et ses aventures étaient des grosses farces peu subtiles qu'il vivait avec sa petite amie (une chatte) et son chien domestique.

En 1936, l'animateur Isadore Klein, avec la bénédiction de Mintz, réalisa le court-métrage Lil' Ainjil, seul travail du studio Mintz censé ressembler à celui de Herriman. Mais Klein fut « terriblement déçu » par le résultat et le Krazy simili-Mickey fit donc son retour.

En 1939, Mintz vendit son studio à Columbia Pictures, auprès de qui il s'était endetté. Sous le nom de Screen Gems, le studio produisit en 1940 un ultime dessin animé de "Krazy Kat : The Mouse Exterminator"(L'exterminateur de souris).

Krazy revint à l'écran en 1962, animé par les studios tchécoslovaques Rembrandt Films” de Gene Deitch, à Prague. Ces dessins animés étaient plus proches de la bande dessinée(surtout les décors) et aidèrent à faire découvrir le chat de Herriman à la génération du baby-boom.

Afin de ne pas avoir d'ennuis avec la censure (qui aurait pu croire à de l'homosexualité), Krazy apparaissait comme explicitement femelle. La musique de la plupart des épisodes fut composée par Jay Livingston et Ray Evans. La production s'arrêta en 1964.

Maintenant, voici quelques'uns de ces dessins animés légendaires de Herriman....

EN BONUS : QUELQUES DESSINS-ANIMÉS
"KRAZY KAT"

"Goes A Wooing" [1916]



"Krazy Kat and Ignatz Mouse at the Circus" [1916]


"Stork Exchange" [1927]


"Seeing Stars" [1932]

mercredi 30 juillet 2014

LES "WACKY PACKAGES"


C’est coquin, c’est gredin, c’est canaille!

Les "Wacky Packages" sont des fausses pubs délirantes, des "moqueries" qui ont été créés pour la marque des repas pour enfants appelé "Wacky Packs" chez les restaurants des Sonic Drive-In.

En fait, les Wacky Packages sont des séries de cartes et d’autocollants à collectionner comportant des parodies de produits de consommation courants, pour la plupart des marques très connues partout en Amérique du Nord.


La série des Wacky Packages a débutée en 1967. Les cartes illustrées, généralement dans un format de vignette, ont été produites par la Topps Company.

La série originale a vendu de ces cartes durant deux ans, et le concept s'est avéré assez populaire. De fait, le même concept a été relancé dans les années qui ont suivies. Les "Wacky Packages" sont venus à être connue comme les noms de "Wacky Packs", "Wacky Packies", ou encore "Wackies & Wackys". À la fin des années '70, chez certains revendeurs, les parodies des cartes et autocollants "Wacky Packies" dépassaient les ventes de cartes de baseball !

S'appuyant sur les talents de dessinateurs et artistes de bandes dessinées de grand talent comme, entre autre : Kim Deitch, George Evans, Drew Friedman, le projet de loi Griffith, Jay Lynch, Norman Saunders, Art Spiegelman, Bhob Stewart et Tom Sutton, ces cartes ne pouvaient certainement pas passées inaperçues ! Leurs concepteurs ont littéralement tourné à la dérision les "marques" des produits tels que le dentifrice "Crust" (croûte) au lieu de "Crest", "Blisterine" au lieu de "Listerine" ou encore batteries "Neveready" pour les piles "Eveready".


La première série de paquets Wacky, produite en 1967, comportait de 44 cartes découpées qui étaient de taille similaire à des cartes de baseball (2,5 "x 3,5" ou 64 × 89 mm). Cette série se caractérisait par des parodies créées par Art Spiegelman et principalement peint par Norman Saunders. (Deux des cartes - "Cracked Animals" et "Ratz Crackers" ont été retirées de la production après une première impression à faible tirage, et depuis, sont devenus extrêmement rares et très recherchées par les collectionneurs).

Cette série a été suivie par une autre un peu différente. En 1969, Wacky se présente avec des gags et des parodies par Jay Lynch et Kim Deitch avec des peintures finis par Tom Sutton. Encore une fois, des "As" de la bande-dessinée underground. Ces nouvelles cartes, environ trois par cinq pouces (76 x 127 mm), ont cette fois été conçues plus comme cartes décoratives avec un découpées tout autour de l’image. (La carte n° 25 "Good & Empty" devra être retirée de la série initiale, et occasionnera des poursuites de la part de Leaf Brands.

En 1973, Wacky récidive avec une série d’autocollants très réussie. Seize séries différentes ont été produites de 1973 à 1976 et ont été principalement vendues en paquets de 30 cartes, dont 9 des cartes étaient des puzzles avec une liste de série à l'arrière. 

Encore une fois, Topps et ses Wacky Packs se retrouvent face à plusieurs poursuites judiciaires; avec les compagnies des produits qu'elle a parodié.

Quoiqu'il en soit, en 1982 et en 1986, deux ensembles d’autocollants ont été produites (l’une de 120 et l’autre de 77 autocollants respectivement). Ces autocollants sont de taille réduite par rapport aux cartes standards (2.125 par 3 pouces (54,0 mm x 76,2 mm)) et ont été conçus pour être collés dans un album à cet effet ; vendu séparément.

Il y a eut encore de nouvelles série de cartes produites par Wacky ; l’une en 1985, l’autre en 1991. La série 1991 a été un succès suffisant pour commencer la production d'une série 1992, mais l'ensemble a été annulé avant la production de masse. (réédité en 2008 pour le tirage d’une série de collection intitulée "Flashback").

Beaucoup des parodies inutilisés par Wacky ont finalement été réimprimés pour la série commémorative sortie en 2004 comprenant prétendument toutes les cartes depuis la toute première carte réalisées par Wacky Packages, mais en vérité, les collectionneurs savent qu’il y a eut quelques modifications d’apportés à certaines des illustrations (considérant les poursuites que cela pourraient provoquer avec certaines compagnies en guerre contre Wacky). Cela dit, beaucoup de cartes de 1973 à 1976 ont été réédités au fil des ans dans divers ensembles ou ont été publiés dans des revues spécialisées, dans des magazines d’humour, ou des zines, en cartes postales ou même en posters...

La rumeur veut que John F. Kennedy collectionnait les Wacky Packages !





















    


    







samedi 5 juillet 2014

MANA NEYESTANI


Mana Neyestania (1973, Téhéran) est un dessinateur iranien d'origine azéri. Après avoir suivi des études en architecture, il entame une carrière en tant que dessinateur, illustrateur, designer (à partir de 1990), avec la publication de nombreux dessins pour des magazines culturels, politiques, littéraires et des journaux d’information, dont le journal iranien Zan. Avec l’émergence des journaux iraniens réformistes en 1999, il se lance dans le dessin de presse, et sera vite au centre des débats… En 2000, il publie son premier livre d’illustrations, « Kaaboos » (Cauchemar). Le héros, M. Ka, est aussi le personnage principal de « Ghost House » (2001) et « M. Ka’s Love Puzzle » (2004).

Catalogué comme dessinateur politique, Neyestani est ensuite contraint de faire des illustrations pour enfants. Celle qu’il a faite en 2006 a conduit à son emprisonnement.

Après avoir fui l'Iran où il se sentait menacé, il passe par Dubaï, la Turquie, et enfin, entre 2007 et 2010, il vit en exil en Malaisie, en faisant des illustrations pour des sites dissidents iraniens dans le monde entier. Dans la foulée de l’élection frauduleuse de 2009, son travail est devenu une icône de la défiance du peuple iranien...


Mana Neyestani a remporté de nombreux prix iraniens et internationaux, plus récemment, le Prix du Courage 2010 du CRNI (Cartoonists Rights Network International ). Membre de l’association Cartooning for Peace, il a reçu le Prix international du dessin de presse, le 3 mai 2012, des mains de Kofi Annan. Mana Neyestani est réfugié politique en France depuis 2011 et vit à Paris avec sa femme, en tant que membre de l’ICORN (Réseau de refuge de villes internationales), et travaille en tant que dessinateur freelance pour deux sites web "Madormak" et "Radiozamaneh".


Mana Neyestani démonte, dans une veine tragi-comique jubilatoire, une mécanique répressive cynique, arbitraire, toute-puissante en apparence, mais souvent absurde.


Publications : 

« Une métamorphose iranienne », bande dessinée autobiographique, 200 pages, éditions Çà et là, et Arte éditions, 2012. (Traduction de Fanny Soubiran)

« Tout va bien ! », dessins de presse, 400 pages, éditions Çà et là, et Arte éditions, 2013.

« UNE MÉTAMORPHOSE IRANIENNE » (2012)


Le cauchemar de Mana Neyestani commence en 2006, le jour où il dessine une conversation entre un enfant et un cafard dans le supplément pour enfants d’un hebdomadaire iranien. Le problème est que le cafard dessiné par Mana utilise un mot azéri. Les azéris, un peuple d’origine turc vivant au nord de l’Iran, sont depuis longtemps opprimés par le régime central. Pour certains, le dessin de Mana est la goutte d’eau qui fait déborder le vase et un excellent prétexte pour déclencher une émeute.

Le régime de Téhéran a besoin d’un bouc émissaire, ce sera Mana. Lui et l’éditeur du magazine sont emmenés dans la Prison 209, une section non-officielle de la prison d’Evin, véritable prison dans la prison sous l’administration de la VEVAK, le Ministère des Renseignements et de la Sécurité Nationale. Ce n’est pas un endroit très agréable...

Alors que le deux hommes subissent des semaines d’isolement et d’interrogatoires, les azéris organisent de nombreuses manifestations anti-gouvernementales. Les autorités font tirer sur les manifestants, faisant de nombreuses victimes. Pour les autorités, tout est de la faute de Mana.

Au bout de deux mois de détention, Mana obtient enfin un droit de sortie temporaire. Il décide alors de s’enfuir avec sa femme. Après un long périple qui les fera passer par les Émirats Arabes Unis, La Turquie et la Chine, ils parviendront à atteindre la Malaisie pour s’y installer avant de rejoindre Paris en 2010. Bouleversant, « Une Métamorphose iranienne » est une plongée en apnée dans le système totalitaire kafkaïen mis en place par le régime iranien. Un superbe graphisme accompagne cette histoire à couper le souffle qui dépeint l’Iran dans ses engrenages les plus absurdes et violents. Récit brut et sans pathos d’une longue et inévitable descente aux enfers, cet album livre un témoignage émouvant et précieux de la réalité du système totalitaire iranien.


BD Award du meilleur album étranger 2012 
Sélection Prix France Info 2013 de la bande dessinée de reportage


« TOUT VA BIEN ! » (2013)

"Tout va bien !" rassemble près de 200 illustrations réalisées entre 2007 et 2013. Publiées à l.origine sur des sites dissidents iraniens. Comme toujours, dans ce recueil, Neyestani se veut un antidote au sadisme politique du régime.

Pour décrire le livre "Tout va bien !", on pourrait parler de mesure ou plutôt d’exacte, de juste mesure. Quel que soit le sujet, tout y est à sa place. De l’occidental qui se distrait du réalisme d’une œuvre à l’opprimé qui se fait le propre instrument de sa perpétuelle torture, tout est traité avec justesse par Mana Neyestani.


On pourrait également dire que rien n’est oublié tant l’ouvrage balaie les absurdités et monstruosités du monde entier, de la maltraitante des enfants à l’horreur de la guerre, tout est mis sur un même pied d’égalité car tout est entretenu du même poison, à savoir l’ignorance, l’égoïsme ou une quête de pouvoir absolu. Montrant toutes les appartenances politiques, l’ouvrage semble n’appartenir à aucune : c’est qu’il trouve à tous les coups la faille qui fait de chaque politique, chaque idéologie une aberration sans fondement raisonnable.


Le point fort d’une telle entreprise, d’un livre regroupant en une seule fois ce qu’on avait pu apercevoir de sens critique au quotidien, mais parsemé ici ou là comme un rappel à l’ordre, réside dans le fait que la somme des images accumulées au fil du temps, des kilomètres et des horizons politiques montre ainsi tout ce qu’elle porte en elle de cruauté. On se surprend à penser devant le dessin montrant l’enfance maltraitée qu’il s’agit d’une représentation trop évidente : sans doute est-ce si proche de nous et si quotidien que nous n’y voyons plus rien d’anormal et d’exceptionnel. On se surprend à traiter de pauvre andouille cette homme qui tombe du ciel après en avoir rompu les chaînes qui l’y retenaient : La liberté à tout prix, nous dit une légende qui nous paraît excessive et idiote,avant que l’on ne réalise là encore qu’il s’agit là du quotidien de millions de personnes. Et l’on n’ose dire ou penser que l’on approche du milliard, à mesure que la population augmente, en charriant avec elle son lot d’opprimés.


Voilà donc toute la complexité des rapports humains résumée en quatre dessins : La bonne solution s’empare à merveille de cette distance incompréhensible qui sépare non pas seulement deux êtres que leurs conditions opposent, mais aussi la réaction de nombre de gens : s’émouvoir de ce qu’ils voient passer à l’écran lorsqu’ils ne réagissent eux-mêmes que trop malhonnêtement...

Que dire de cet enfant qui joue avec la mort et dont on pourrait rire un peu trop vite s’il n’illustraient une vérité plus exponentielle ? Que dire de ce conservateur, de ce « saut », que l’on pourrait traiter de sot et qui représente nombre d’entre nous, de cette avancée inéluctable vers la mort représentée par une partie de dominos dont la jeunesse est la folle maîtresse ? Il y aurait beaucoup à dire et peu s’en faudrait pour que « Tout va bien ! » Ne devienne un livre mythique et universellement possédé : il faudrait seulement, oui, seulement que le monde veuille bien accepter d’ouvrir les yeux.


Tout va bien ! Ne se contente pas de dénoncer, il décrit, décrypte les événements de notre époque et de ses conflits au Moyen-Orient et ailleurs. Il y a certains dessins qui font sourire parfois, et aussi ceux qui donnent espoir, comme celles où la liberté d’expression est plus forte que l’oppression.


À parcourir ces images, fruits d’un travail de plusieurs années à travers le monde, on serait tentés de croire que le titre est ironique, et il l´est mais pas seulement. Car tant qu’il y a des plumes, des langues, des yeux pour voir et critiquer le monde, alors oui, on peut dire non pas que tout va bien mais que tout n’est pas tout à fait perdu. C’est remarquable. Oserez-vous le feuilleter ? Indispensable selon nous.

Articles d’ESTELLE ESKOP ET STÉPHANIE JOLY
Éditions Ça & Là : http://www.caetla.fr/

ILLUSTRATIONS DE MANA NEYESTANI...